L'économie française va mal :
- déficit commercial important et en dégradation continue
- pertes de part de marché des entreprises françaisesinsuffisamment présentes sur les marchés porteurs
- croissance durablement « molle », avec toutes les conséquencesfâcheuses qui s'en suivent, chômage et dette notamment.
Le déficit d'innovation est une cause essentielle de ce manque de compétitivité de la marque France.
L'Association des Centraliens a créé depuis plusieurs années des « Think Tanks », véritables « usines à produire de la réflexion »; ils s'appuient sur la communauté Centralienne et sont commandités principalement, mais pas exclusivement, par l'Ecole Centrale de Paris ou l'Association elle-même.
Les Centraliens et leur Ecole, dont la vocation est de former des ingénieurs innovateurs, sont profondément concernés par cette situation de l'économie française de par :
- leur longue tradition d'innovation, représentée par leurs grands anciens tels qu'Eiffel,Blériot, Latécoère, Peugeot, Bouygues,...
- et leur implication professionnelle quotidienne au service de l'innovation, un tiers d'entreeux étant ou ayant été actifs en R&D.
Commandité par le Directeur de l'Ecole Centrale de Paris, Hervé Biausser, un Think Tank Innovation a été constitué afin proposer des idées pour dynamiser l'innovation. Ses membres sont des Centraliens actifs dans des grands groupes ou des PME, en France comme à l'étranger, dans des fonctions de management, de R&D ou d'enseignement.
Ce Think Tank s'est appuyé sur une enquête terrain à laquelle ont participé plus de 1100 Centraliens, dont près de la moitié travaillent dans l'industrie et 20 % résident à l'étranger. Riche de tous ces apports, le Think Tank Innovation a rédigé ce rapport qui présente
- un constat,
- des enseignements tirés d'autres économies
- et propose huit priorités pour dynamiser l'innovation en France, priorités déclinées en de nombreuses recommandations d'actions.
Le constat
Un leadership mondial a été acquis dans le nucléaire, le ferroviaire, l'aéronautique, l'automobile, les services aux collectivités et le luxe, mais ces positions sont de en plus en plus mises en question par de nouveaux entrants ou par nos concurrents traditionnels européens, américains et japonais.
Surtout, nos entreprises sont insuffisamment présentes dans les technologies de l'information et de la communication (TIC), dans les biotechnologies et les énergies renouvelables, de façon générale dans les technologies nécessaires pour répondre aux défis des grandes tendances de l'économie mondiale (rareté des ressources, croissance démographique, exigences environnementales, mobilité et communication...).
De très nombreuses mesures ont été prises depuis une dizaine d'années pour stimuler l'innovation, la R&D et la création d'entreprise, que ce soit pour fédérer les acteurs (Pôles de compétitivité, Instituts Carnot, Pôles de recherche, autonomie des Universités,..), ou pour améliorer le financement (Oséo, Crédit d'Impôt Recherche, incitation au venture capital , loi NRE, Agence Nationale de la Recherche,...). Elles se sont traduites par des progrès significatifs, notamment dans nos Grandes Ecoles et universités ou dans les mondes de la recherche, des entreprises ou du venture capital.
Pourtant la situation reste alarmante :
- La France est classée 10e en Europe pour l'innovation (1)
- Aucune entreprise française classée dans les 50 entreprises considérées comme les plus innovantes au monde (2)
- R&D en entreprise faible (1,2% du PIB contre environ 2 % aux USA)
- Faible implication des PME-PMI dans l'innovation
- Faible présence dans les projets européens de recherche et innovation
- Déclin de l'intérêt pour les métiers d'ingénieurs, et plus encore pour les doctorats.
- Position de l'enseignement français dans les classements internationaux
L'expérience des autres grandes puissances économiques est riche d'enseignements :
- Les Etats-Unis restent la référence en matière d'innovation avec une culture d'entrepreneur et d'innovation et un management d'entreprise orienté sur l'innovation
- L'Allemagne impressionne aussi avec :
-l'importance du doctorat, -la cohésion sociale autour de l'entreprise et la recherche, -les nombreuses foires rassemblant les professionnels pour présenter les progrès, -la mise à disposition du savoir auprès des entreprises, notamment des PME/PMI (Instituts Fraunhofer et normes DIN), -une démarche systématique pour accompagner les nouvelles technologies.
- Le Japon, la Chine et la Corée s'appuient pour innover sur une vision holistique avec des systèmes intégrés pour mobiliser et aligner tous les acteurs (cf. véhicules électriques ou développement dans l'électronique)
Les 8 priorités pour dynamiser l'innovation en France
Les Centraliens qui ont répondu à l'enquête vivent difficilement le manque de réussite des industries françaises et la tendance lourde vers les délocalisations. Ils proposent une analyse critique et constructive de la situation et ils révèlent des pistes d'amélioration de l'innovation en France. Le Think Tank a ensuite développé ces pistes en formulant pour chaque idée des propositions concrètes, souvent expérimentées, inspirées des expériences étrangères. Il les a regroupées en huit priorités, qui s'adressent à tous les acteurs de l'innovation : Etat, universités, monde de la R&D, entreprises.
Le déficit d'innovation français est un problème complexe, à causes multiples
Sa solution passe par des actions aux niveaux culturels, de l'enseignement, notamment supérieur, des entreprises et des pouvoirs publics. En publiant ce rapport, la communauté Centralienne lance un appel à tous, et plus encore à ceux qui exercent des responsabilités dans les domaines de la politique, de l'économie, de la recherche et de l'enseignement, de la communication pour qu'en tout lieu davantage soit fait pour rendre la France plus innovante. C'est dans cet esprit que ce rapport est envoyé ce jour à 350 grands responsables dans notre pays.
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